Alexia Gibelin

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Alexia Gibelin

Alexia Gibelin

Alexia Gibelin est psychologue du travail au sein d’Initiatives Prévention. Elle a animé des ateliers territoriaux pour le Handi-Pacte sur la thématique du handicap psychique.

Retours sur ces ateliers. Selon vous, quels sont les trois points clés qui en ressortent ?

Alexia Gibelin : Dans un contexte d’expansion des frontières régionales, la rencontre de proximité avec les acteurs, sur leur territoire, est une nécessité pour attraper les situations auxquelles ils sont confrontés et permettre un véritable échange.

Malgré la configuration différente des ateliers selon les départements, chaque réunion a été l’occasion d’une vraie rencontre : entre référents de diverses structures ou entre acteurs d’une même structure ; et d’un véritable échange de pratiques, d’expériences, de points de vue sur des situations finalement très « voisines ».

Enfin, nous avons pu faire le constat que le handicap psychique reste, d’une certaine manière, un handicap un peu « à part » dans la mobilisation des moyens et des acteurs intervenant dans ces situations. Il semble que, dans l’approche de cette typologie, il y ait un besoin d’expérience et de maturité par la structure de sa propre politique et organisation autour du handicap, avant de pouvoir appréhender le handicap psychique…

 

 

  • Quels sont les pièges à éviter lorsque l’on est face à une situation en lien avec le handicap psychique ?

Vouloir faire avant même d’avoir compris…

L’intervention auprès de personnes en situation de handicap psychique invite à remettre en question notre regard, notre cadre d’actions, notre appréciation des besoins, notre lecture des situations, parfois nos automatismes. Les troubles à l’origine d’un handicap psychique sont multiples et leurs répercussions complexes. La tentation d’apporter des solutions rapidement est grande mais va souvent à contre-courant du temps nécessaire à l’analyse et à la compréhension des impacts du trouble psychique sur le travail.

… ou, à l’inverse, penser que l’on ne peut rien faire!

Le handicap psychique est invisible. Ce caractère alimente la difficulté que nous avons à appréhender ce que provoque le trouble chez la personne et peut nous conduire à penser que « handicap psychique » et « aménagements du poste » sont des concepts antinomiques. Cela n’est pas le cas ! Nous pouvons non seulement répertorier assez précisément les conséquences du trouble psychique sur le poste de travail mais également trouver des stratégies pour compenser les difficultés.

 

  • Même si chaque situation est unique, avez-vous des points clés ou des préconisations à proposer ?

Mon expérience me conduit à penser que le 1er pas à faire dans l’organisation de l’accompagnement des agents en situation de handicap psychique est celui de la sensibilisation, à tous les niveaux : management, RH, acteurs de la prévention et de l’accompagnement, les collègues de l’agent concerné… et l’agent lui-même ! L’enjeu est souvent, dans un 1er temps, de pouvoir mieux se comprendre et se faire comprendre. C’est à cette condition que l’on peut construire des compromis. Etre sensibilisé permet également de pouvoir intervenir précocement : connaître permet de repérer des « signaux », des évolutions, des ruptures de comportements… de leur donner du sens et de pouvoir alerter ou s’alerter.

Etre sensibilisé, c’est aussi comprendre que l’on ne peut pas travailler seul(e) sur cette question, qu’il est impératif de croiser les regards sur la situation pour en évaluer sa criticité et ainsi se permettre d’agir, ensemble.

Ce 1er pas, c’est celui que nous avons souhaité faire avec les participants aux ateliers ! En espérant qu’il y en ait de nombreux autres…